Viande artificielle : quel avenir pour la « viande cultivée » ?

Viande artificielle : quel avenir pour la « viande cultivée » ?

Résumé

La viande subit depuis quelques années un désamour des consommateurs et la consommation de viande a baissé de 12% au cours des dix dernières années

La viande subit depuis quelques années un désamour des consommateurs car la consommation de viande a baissé de 12% au cours des dix dernières années (source Credoc). Impact sur notre santé, coût, conséquences sur l’environnement, bien-être animal sont autant de sujets qui mettent en difficulté le secteur. 
Que l’on soit vegan, végétalien, végétarien ou encore flexitarien, faut-il accepter des alternatives ? 
Nous avons échangé avec un chercheur de l’INRAE qui mène actuellement une enquête à laquelle vous pouvez participer !

Contexte

L’agriculture doit répondre à de nombreux enjeux, dont l’augmentation de la population humaine (plus de 9 milliards en 2050) et l’expansion conjointe de la demande alimentaire (de l’ordre de 70 %), alors que les ressources naturelles et les terres arables sont limitées. Dans ce contexte, l’élevage fait face, depuis plusieurs années, à différentes critiques en lien entre autres avec le respect de l’environnement, de la vie et du bien-être de l’animal, mais aussi la concurrence entre alimentation animale et humaine ou encore les risques associés à une surconsommation de viande rouge. Les critiques envers l’élevage et les produits animaux, jamais aussi vives, expliquent le succès d’alternatives telles que les protéines végétales, les insectes ou encore la viande in vitro. Cette dernière, aussi appelée viande artificielle, cellulaire ou de laboratoire, est présentée par ses défenseurs comme une alternative durable pour les consommateurs qui veulent réduire leur impact environnemental sans pour autant bannir la viande de leur alimentation. 

Principe

La viande artificielle de synthèse est produite à partir d’un faible nombre de cellules prélevées sur un nombre limité d’animaux vivants. Ces cellules se multiplient un très grand nombre de fois en laboratoire à température physiologique produisant ainsi de grandes quantités de fibres musculaires assimilées à de la viande. Cette prolifération se réalise dans un milieu de culture riche en nutriments, mais contenant aussi des hormones et des facteurs de croissance, nécessaires à la prolifération des cellules musculaires.

Suscitant un fort intérêt scientifique et médiatique, cette biotechnologie a été présentée par Mark Post en 2013 qui a proposé la dégustation du premier burger artificiel dans un grand restaurant londonien. Elle est, depuis lors, développée par une quarantaine de start-ups, notamment aux USA, en Israël, aux Pays-Bas, mais aussi en France.

Avantages potentiels

Produisant une très grande quantité de fibres musculaires à partir d’un nombre limité de cellules animales en prolifération, la viande de culture est censée contribuer à nourrir la population humaine en lui apportant les protéines dont elle aura besoin. De plus, le nombre d’animaux abattus est drastiquement réduit avec ce nouveau produit en comparaison de celui lié à la production de viande traditionnelle. De nombreuses vies animales seront ainsi épargnées. 

La viande produite in vitro se pose comme potentielle alternative à l’élevage, car supposée moins polluante. Des chercheurs de l’université d’Oxford se sont penchés sur la question, et ont cherché à connaître l’impact que cette technologie aurait réellement sur le climat dans le cas d’une exploitation à grande échelle. Ils ont publié en 2011 une étude donnant un clair avantage à la viande de culture mais cela n’a pas été confirmé par des études plus récentes qui ont publié des résultats plus mitigés comme récemment discuté dans un article paru dans la revue Viandes et produits Carnés : https://www.viandesetproduitscarnes.fr/index.php/fr/1069-quel-avenir-pour-la-viande-cultivee

Les partisans de la viande artificielle indiquent également qu’elle sera plus sûre sur le plan sanitaire et de meilleure qualité sur le plan nutritionnel que la viande traditionnelle. En effet, cette viande artificielle sera produite dans un environnement entièrement contrôlé, c’est-à-dire en absence de tout autre organisme notamment pathogène, et avec uniquement des molécules favorables à la santé humaine. Le choix stratégique de nommer le produit issu de cette biotechnologie « clean meat » (pour « viande propre ») fait, en effet, référence à cette notion de produit supposé être exempt de tout danger sanitaire.

Objet de l’enquête :

Des enseignants-chercheurs des écoles d’ingénieurs ISARA-Lyon et Bordeaux Sciences Agro et des chercheurs de INRAE en France ont mis en place, avec leurs étudiants, des travaux visant à étudier la perception des consommateurs quant à la « viande de culture » également appelée « viande artificielle ». Merci de les aider en répondant à l’enquête disponible sur le lien internet. Vos réponses resteront anonymes même si des informations préalables vous sont demandées pour les besoins statistiques d’analyse.

Questionnaire   Viande Artificielle

Auriez-vous la gentillesse de répondre à cette enquête courte (10 min) ? 

A vous de vous exprimer !

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