Chronique d’un producteur seul face au web

Chronique d’un producteur seul face au web

Résumé

Comment trouver une plateforme web pour faciliter ma vente directe ?

Je suis Patrick Chargueron de la ferme de Saint Bonnet en Lozère, éleveur, producteur, transformateur proposant des produits alimentaires en circuit court.
Mes compétences « métier », c’est ce que j’ai de plus précieux. Ce n’est pas donné à tout le monde de maîtriser mon métier et cela m’a demandé des années d’apprentissage. Beaucoup de mes clients me connaissent depuis longtemps et je fais ma tournée de livraison qui m’emmène jusqu’à Paris.

Les décennies passées nous ont progressivement dépossédé de notre savoir-faire de vendeur. Beaucoup de mes collègues producteurs vendent en direct régulièrement au marché des villages alentours une fois par semaine. Ils se sont aussi progressivement éloignés de leur clientèle en sous-traitant la distribution de leurs produits à la grande distribution ou aux magasins spécialisés. A chaque étape, que ce soit un grossiste, une centrale, une coopérative ou encore la GMS, les marges ont fondu comme neige au soleil.
L’épisode récent nous a montré que la vente en marché pouvait se révéler très fragile.

Ma seule devise, rester maître à bord

Le web, ce n’est pas mon fort mais je sais que c’est important d’être sur la toile. Je ne suis pas stupide et l’informatique ne me fait pas peur même si je ne suis pas un expert. Je suis comme n’importe quel petit patron et me fais seconder pour la partie administrative.
Pour la communication, j’ai créé une page Facebook mais je ne suis vu essentiellement que par ma famille, mes amis et quelques clients fidèles. J’ai tenté un « site vitrine » comme ils disent et c’est tout pareil. Les retours sont plutôt moroses sauf si je confie la gestion du site à un professionnel, trop coûteux pour moi. J’ai posé la question à des collègues. Problème de frais d’hébergement ou abonnement à l’aveugle sans retour sur investissement pour certains, problème de législation bancaire pas conforme pour d’autres. Globalement des difficultés à être visible sur la toile.

Le marketing et la communication ça ne s’invente pas

Je me suis rapproché de collègues qui ont investi dans un drive casier très cher mais limité en quantité de ventes et puis moi, j’aime avoir le contact direct. Reprendre les méthodes de la grande distribution ça ne me va pas.

Et si je créais un point de distribution directe à mon exploitation ou chez mon ami qui tient un café dans le village d’à côté ou encore chez ma boulangère préférée à 20km où je vais dès que j’y passe pour mes livraisons ?

Je regarde attentivement la pléthore de propositions sur internet. Je reçois des mails tous les jours.
Que vois-je ? Beaucoup d’intermédiaires qui sont heureux de m’accueillir. J’ai vraiment l’impression que les méthodes sont celles de la GMS et je suis obligé d’augmenter parfois mes prix jusqu’à plus de 30% pour absorber la marge qu’ils me demandent. J’ai l’impression de trahir les consommateurs. Ils m’imposent même les lieux de distribution et je suis obligé de me déplacer pour deux colis !
Et puis, je ne joue pas au poker, je ne veux pas payer pour voir car il faut s’abonner et payer une formation à l’utilisation de mon interface comme ils disent.

On m’a parlé d’un nouveau système qui s’appelle www.biotoutcourt.com qui est complètement gratuit pour les producteurs et les artisans de la BIO qui pratiquent la vente directe. 
Ils gèrent la vente directe et en même temps les abonnements dans des circuits courts où je suis référencé.
Je viens de regarder d’un peu plus près : pas d’abonnement, pas de formation et pas d’hébergement. C’est sympa ! 
En plus, ils payent les frais bancaires occasionnés par les ventes ! Ils ne collectent pas directement l’argent et ne se font pas de trésorerie sur mon dos. L’opérateur bancaire me verse directement la somme par virement. Ma propre banque ne me comptera pas de frais et je n’ai pas besoin de terminal de paiement.
Labellisés de l’Economie sociale et solidaire, ils ne vont pas revendre les données collectées de mes clients. Top !

Je suis rassuré.

Mais comment font-ils ? En fait, ils demandent une contribution au consommateur de 6% dans lesquels sont compris les frais bancaires. C’est un acte d’achat responsable qui permet de soutenir les producteurs et de développer les nouvelles fonctionnalités de la plateforme de vente directe.

Visiblement, je ne peux pas m’inscrire tout seul et j’ai appelé. On a bien pris le temps de faire connaissance et je suis ravi de l’échange. Ils veulent participer à ce que la bio soit accessible au plus grand nombre et en même temps, ils veulent permettre au producteur comme moi de vivre décemment de leur métier. 

Bonne nouvelle, je viens de créer mon compte non sans avoir regardé leur vidéo qui m’a bien aidé :

Maintenant je suis visible est vous pouvez commander :

Vous voulez faire comme moi et créer votre compte producteur ?
C’est par ici pour faire votre demande d’inscription en ligne !

Attention, vous devez être certifié AB au minimum car chez eux, on est local ET bio !

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