Numérique au jardin? 

Numérique au jardin? 

Il y a plusieurs façons de concevoir l’agriculture selon que l’on est citadin, rural ou un peu des deux.
Nous avons tous l’image d’Epinal du laboureur dans son champ avec son bœuf. Certains néo-ruraux envisagent comme cela le métier et se tuent à la tâche en ôtant toute forme de mécanisation. Respect total.
Face à ce courage avéré, il y a à l’inverse l’image d’un producteur céréalier pratiquant la culture intensive.

Mais où se trouve le numérique dans tout cela ? 

S’agit-il de refouler les nouvelles technologies sous prétexte qu’elles ne sont pas bonnes pour la planète ou de les intégrer selon nos besoins ? 
Non, le numérique n’est pas au service de la productivité intensive utilisatrice d’intrants à outrance, tout est une question de dosage.
Tout comme la gouache peut produire les plus laids pâtés ou des œuvres d’art, l’utilisation subtile et organisée du digital, permet le meilleur… comme le pire.
Producteur, si vous répondez par l’affirmative à l’une de ces affirmations, vous avez la fibre digitale ! 
  • Je souhaite anticiper pour limiter les risques de surprises.
  • J’aimerais estimer la biomasse et prédire l’exportation des éléments minéraux des couverts végétaux de mes champs.
  • J’aimerais avoir un inventaire de mon cheptel avec les spécificités de chacun de mes animaux.
  • Je voudrais avoir un conseiller technique permanent qui m’aide à trouver la bonne solution pour mes parcelles.
  • Je souhaite alléger mon travail administratif lorsque je conduis mon cheptel à l’abattoir.
  • J’aimerais trouver un collègue pour échanger nos parcelles pour une meilleure rotation de nos terres.
  • Je voudrais trouver un collègue pour partager les livraisons de nos produits ou échanger notre matériel.
  • Je voudrais vendre ma production en circuit court et que mes produits se vendent en maintenant le contact avec mes clients.

Un nouveau modèle économique 

Le monde agricole à l’échelle du numérique implique de repenser au modèle de société que nous souhaitons voir évoluer.
D’un côté, nous voulons une alimentation naturelle locale et en même temps des produits adaptés à nos modes de vie, nos budgets et à nos profils nutritionnels.
De l’autre, nous souhaitons une agriculture respectueuse de l’environnement et des animaux et le tout, à côté de chez nous.
Le digital permet de repenser les métiers de la production agricole et d’étendre ses compétences. Il retisse des liens avec le consommateur final qu’il avait progressivement perdu ces dernières années. 
Le numérique doit s’envisager comme un système d’aide à la décision donnant des indicateurs rigoureux sur l’état de son exploitation. Des critères comme la vitesse du vent, la nature des sols et encore le niveau de pluie sont des éléments factuels que tout producteur doit connaitre facilement pour orienter sa production. D’autres, permettent de voir évoluer les risques de maladies d’un cheptel et bien plus encore.
Le recueil des data d’informations récoltées doit servir à la profession, le digital devient fédérateur de communauté !

Un modèle qui répond aux attentes environnementales

Le numérique est nécessaire à la transition écologique puisqu’il permet de diminuer les coûts de production. Moins d’eau, moins d’énergie et optimisation des déplacements sont nécessaires pour le producteur. La parfaite maîtrise du régime alimentaire des animaux permet de contrôler au mieux l’azote rejeté dans les sols.

Un modèle qui répond aux attentes sociétales

Et si le numérique permettait d’assurer la sécurité alimentaire ? Davantage de traçabilité, d’alerte et de transparence vis-à-vis du consommateur final.
Les liens s’étaient peu à peu distendus et voici que le numérique retisse du lien !
La charge mentale des producteurs doit pouvoir baisser et sa disponibilité vis-à-vis des siens augmenter.
Le numérique permet de redonner une image plus moderne aux exploitations allant même jusqu’à redonner un nouveau souffle.
En revanche, la question de la juxtaposition de l’ensemble des outils du numérique se pose mais ce questionnement n’est-il pas le même pour tous les métiers ?

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