Les fermes urbaines : sous les pavés, du vert ?

Les fermes urbaines : sous les pavés, du vert ?

Résumé

Les fermes urbaines se multiplient, et ce n’est pas pour déplaire aux urbains ! Alors qu’impliquent-elles ? Quels sont les avantages et les inconvénients ? BioToutCourt vous éclaire sur le sujet !

Elles fleurissent sur les bâtiments, dans les parkings souterrains ou entre les immeubles : les fermes urbaines ont la cote ! Développer la biodiversité et l’agriculture en ville, c’est la promesse. Mais qu’est-ce que ce concept de fermes urbaines ? Et surtout, à quoi cela engage-t-il ? On vous explique tout !

Qu’est-ce qu’une ferme urbaine ?

C’est simple au premier abord. Par définition, une ferme urbaine est un espace situé à l’intérieur d’une ville que l’on peut exploiter à des fins agricoles.

Pour être plus pointus, nous pouvons définir 3 critères qui semblent essentiels pour définir la ferme urbaine :

  • Le lieu de la ferme doit être situé hors d’une zone agricole, dans une zone urbaine (en ville) ou périurbaine (fermes rurbaines, ou périurbaines)
  • L’exploitation est donc une entreprise, un organisme ou un individu cultivant des produits alimentaires ou horticoles. Les cultures ? Tous types de fruits, légumes, des semis, des céréales. Les cultures peuvent être vendues localement ou non, distribuées à ceux qui accueillent le projet (habitants d’un quartier, d’un immeuble, une entreprise…). La production est parfois transformée avant la vente ou le don. Tout ceci, sous contrat ponctuel ou par abonnement !
  • Les exploitations agricoles urbaines s’inscrivent dans le développement de la biodiversité et du reverdissement des villes. Elles suivent une logique de développement environnemental et social des villes en réutilisant les déchets par exemple. Elles peuvent également (et c’est souvent le cas) être des espaces d’insertion, d’échange ou de partage.

Ainsi, nous pouvons tirer le portrait des fermes urbaines. Il en existe déjà de tous types. Dans de grandes métropoles telles que Paris ou Lyon, comme dans des villes, à Cergy ou Colombes. Mais concrètement, s’il existe déjà des terrains agricoles, pourquoi créer ces exploitations urbaines ?

Pourquoi les fermes urbaines ?

Les fermes urbaines ont bien d’autres atouts dans leur manche !

Répondre à un besoin grâce aux fermes urbaines

Et oui ! Consommer VRAIMENT local lorsque l’on vit en plein cœur de Paris ou de Bordeaux, pas toujours facile ! En optimisant tous les espaces inutilisés pour produire, on peut plus facilement en faire profiter les habitants. En l’occurrence, les fermes urbaines sont très profitables aux familles et aux jeunes. Consommer local et comprendre la biodiversité grâce aux toits des immeubles, c’est possible. Et si la production est mise en vente, cela permet de savoir exactement d’où vient ce que l’on a dans notre assiette, voire même de contrôler la production. Et ça, c’est primordial !

Fermes urbaines : sociale et solidaire

Bien sûr ! Ces fermes sont de petits écrins de verdure dans la ville, elles sont utiles, mais pas que ! Elles sont surtout agréables. Synonymes de rencontre et de partage, elles sont parfois dédiées à la réinsertion. Pendant le confinement, elles ont permis la rupture de l’isolement, notamment celui des étudiants, au cœur des grandes villes. Elles peuvent être éducatives, et pas seulement pour les jeunes enfants ! Beaucoup de jeunes actifs ont découvert les métiers de l’agriculture grâce à ces beaux îlots verts.

Et les entreprises s’y mettent aussi! Dans le cadre de leur politique RSE, ces fermes sont souvent sur le toit des sociétés. Nourrir les salariés, réduire leurs déchets et leur empreinte carbone… Toutes les raisons sont bonnes !

Et d’un point de vue économique ?

Ces fermes urbaines ne sont pas celles qui rapportent le plus économiquement, elles ne représentent que 5 % du chiffre d’affaires de toutes les exploitations en France. Mais elles ont beaucoup de poids localement. Elles permettent aux urbains et rurbains de manger local à moindre coût, puisqu’il n’y a aucun intermédiaire ! Ces exploitations peuvent aussi créer de l’emploi.

Pour résumer, ces petites parcelles de verdures :

  • Elles ont des fins éducatives. Apprendre aux urbains et rurbains les métiers de la production, éduquer les plus jeunes à la consommation de produits sains. Petits et grands y trouvent leur compte. Et ce, au cœur de la ville !
  • Elles ont des fins sociales ! Elles assurent elles aussi la sécurité alimentaire des ménages. Et ces parcelles vertes peuvent aussi aider à l’insertion (ou réinsertion), ou venir en aide à des associations. Elles sont aussi un bon moyen de quantifier les services écosystémiques et de les rendre importants pour les populations alentour.
  • Elles servent aussi l’économie locale ! En créant de l’emploi et en recyclant des espaces inutilisés des villes, elles deviennent intéressantes localement.
  • Elles sont jolies ! Esthétiquement, les coins de nature en ville sont très appréciables ! Profiter de la verdure dans ces masses de bitumes, c’est toujours apaisant.
  • Elles ont évidemment des fins écologiques ! C’est le plus évident, mais nous aimons à le répéter. Elles reverdissent les villes, permettent de manger local (donc de réduire son empreinte carbone)… En fait, les fermes urbaines sont l’image de la résilience des villes face au réchauffement climatique. Elles permettent également la réduction des déchets notamment organiques, souvent recyclés pour servir de compost. Et en se multipliant, elles forment des « ceintures vertes » autour des villes, qui permettent à leur échelle de restaurer la biodiversité.

Des trous dans la raquette pour les fermes urbaines

Bien souvent, les fermes urbaines correspondent aux normes de la bio. Pas de pesticides, respect de l’eau, de la biodiversité, méthodes alternatives… Pourtant, elles ne sont pas labellisées AB, car les cultures sont hors-sol ! Et c’est dommage, car elles pourraient être valorisées parfois autant que des exploitations installées en bio. Et sûrement même plus qu’en HVE !

Mais malheureusement, en hors-sol, tout n’est pas respectueux de l’environnement. Bien souvent, elles nécessitent une formation spécifique pour cultiver… Dès lors, entre agriculture et chimie, il n’y a plus qu’un pas ! Et en l’occurrence, c’est souvent l’hydroponie qui revient. Cette méthode est pratique, mais pas sans risques et inconvénients. Quid de l’éclairage permanent, des contenants en plastique, et même des pesticides ? Des fraises en hiver, c’est possible avec cette méthode, mais vous comprendrez aisément que ce n’est pas naturel ! L’hydroponie est donc parfois pratiquée par les fermes urbaines, mais pas sans risques. Elle impose de l’énergie électrique et aussi des engrais.

Ces écrins de verdures au beau milieu des villes sont donc des bulles de partage, d’entraide et de savoir-faire. Remparts contre le bitume, elle permettent aux urbains et rurbains de consommer local et de profiter de coins de nature. Attention cependant aux méthodes de production : aucun label ne les différencie. Difficile donc de distinguer une ferme urbaine aux bonnes pratiques d’une aux mauvaises. Un conseil : bannissez celles en hydroponie. Et pour le reste, laissez-vous tenter par l’aventure de votre ville ! Retrouvez sur notre plateforme deux fermes urbaines soigneusement choisies. Alors, un tour en ville, ça vous tente ?

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