Le réseau des AMAP Ile de France se pose des questions !
Le réseau des AMAP

Le réseau des AMAP Ile de France se pose des questions !

Résumé

Le réseau des AMAP Ile-de-France a récemment posté un article auquel nous souhaitons répondre. On vous explique tout.

En septembre dernier, le réseau annonce recevoir comme info une forte hausse des défections dans ses AMAP. Certes, le printemps n’a pas épargné les productions difficiles et par évidence les récoltes modestes. Le réseau annonce : « Côté adhésion, jusqu’à 50 % de défection au moment du renouvellement des contrats… »

Chez BioToutCourt, nous restons sans voix ! Aucune des AMAP utilisant l’outil n’indique un nombre de départs aussi conséquent.

Un exode massif de Parisiens vers la province ?

Non, qu’on se le dise, les déménagements en Ile de France sont nombreux et pas uniquement depuis le COVID !

L’exode urbain est bien présent, mais surtout pour des raisons d’accès à la propriété ou de rareté des locations. Ce sont surtout les moins de 35 ans qui déménagent ou les plus de 65 ans qui quittent la région parisienne pour leur région natale ou une région côtière. Et finalement pas essentiellement pour des raisons de COVID.
Même si le télétravail permet de sortir de l’Ile de France, il n’est pour autant pas définitif et nombreux ceux qui ont repris le chemin du bureau pour au moins un ou deux jours par semaine. Tous les métiers ne sont pas adaptables au télétravail non plus.

Qui fréquente les AMAP ?

  • Les personnes sédentaires souvent avec enfants contraints à une certaine immobilité par la vie scolaire.
  • Les étudiants sont absents des AMAP. Parfois, ils créent ou rejoignent des AMAP éphémères calés sur le temps universitaire.
  • Les personnes plus proches de la retraite sont moins présentes en AMAP car beaucoup trop mobiles (enfants en province et/ou voyage très régulier en dehors de leur domicile principal).

« La création d’inter connaissance au sein du groupe AMAP est une condition sine qua non pour la pérennité de l’AMAP et la non-volatilité des AMAPien.nnes. »


Nous ne pouvons qu’être en accord. Le COVID n’a pas facilité les nouveaux contacts et les animations régulières furent un temps suspendu pour les raisons évidentes que l’on connaît.
En revanche, les AMAP avaient un fort ancrage solidaire avant la période qui n’a pas faibli bien au contraire pendant le confinement.
En revanche, c’est juste l’intégration des nouveaux qui s’est figée. Ces récents tellement contents du Graal que constitue leur entrée en AMAP, ne sont pas près de lâcher l’affaire trop prématurément. 
Le temps dira !

« Les circuits-courts ont le vent en poupe ! » 

Ça, c’est original, comme si depuis une dizaine d’années, nous n’avions pas vu fleurir les magasins et autres ruches ? 
Pourquoi cela est plus impactant ? Tout simplement parce que le mode de fonctionnement des AMAP n’est pas simple et moderne… Ni pour les adhérents, ni pour le groupe, ni pour les producteurs !

Un ras-le-bol des chèques est une cause majeure de ces défections.
Recevoir une cinquantaine de chèques, c’est gérer les erreurs dans le montant, l’ordre ou l’absence de signature. Sans compter la collecte sur plusieurs semaines et les relances pour quelques étourdis.
Pendant ce temps, le producteur livre ses paniers et passe un par un en comptabilité chacun de ces rectangles. Et nous ne parlons pas des contrats devant êtes signés sur papier.
Qui ne voudrait pas être allégé des tâches administratives et passer davantage de temps en famille ou entre amis ?

Le modèle AMAP entraîne une dilution de nos valeurs…


C’est ce qu’affirme le réseau. Et pourtant,AMAPien un jour, AMAPien toujours !
On peut avoir l’âme d’un AMAPien et être lassé par toutes les contraintes imposées : pas de vacances sans perdre ou donner son panier. La fidélité et l’engagement sans concession ont leurs limites !

Ce qu’oublie de dire le réseau, c’est que depuis les premières AMAP il y a une 20 d’années, il se crée autant d’AMAP qu’il y en a qui se ferment, faute de bénévoles ou de producteurs.
Il y a peu de producteurs en Ile de France et beaucoup viennent des régions aux alentours. Le déplacement a un coût et demande une certaine disponibilité. À moins de 50 paniers récurrents, ce n’est pas viable sans concession de la part du producteur.

Être en AMAP, c’est jouer le jeu de faire travailler les producteurs pour leur assurer un revenu régulier et décent. 100 % du prix leur revient.
Proposer une annulation de panier n’est pas envisageable pour le réseau ! N’y a-t-il pas un curseur à trouver ? Annuler/reporter 5 paniers par an (selon ce qui est décidé avec le producteur) en plus de ceux annulés par les producteurs, fait-il de nous un mauvais AMAPien ?
La lourdeur administrative pour tous les acteurs de l’AMAP contribue à immobiliser le mouvement ce qui favorise les réticences à l’entrée et les défections.

Le réseau constate une dilution du modèle AMAP dans la multiplication des contrats, et encore, si contrat il y a !
Certaines AMAP se sont adaptées en proposant des paniers inférieurs à 10 € ou tous les 15 jours… Mais ce n’est ni réaliste ni viable pour les producteurs.

En revanche, penser qu’une AMAP ne tourne qu’avec un panier de légumes, c’est une erreur.
Même les producteurs l’ont bien compris et se sont organisés pour vendre leur production à plusieurs.
Encourager les AMAPiens à se suffire des produits de leur AMAP, c’est un pas en moins vers les modes alternatifs que constituent les magasins ou autres drives fermiers.

En interdisant les artisans d’entrer en AMAP, le réseau fait fausse route.

Taxer de « farfelus » des contrats ponctuels ou bi-annuels, c’est juger hâtivement les bénévoles qui essaient de donner une dynamique à leur groupe.

L’idée de proposer et d’argumenter un montant minimum de commande pour une livraison doit faire partie des obligations du réseau vis-à-vis de ces groupes.

Faut-il être radical sur les recrutements de producteurs, nous disons OUI : pas de concessions sur l’arrivée d’un producteur conventionnel. Les AMAP sont faites pour encourager une agriculture responsable et à moins d’être en dernière année de conversion bio, impossible de rentrer sans label AB, N&P ou Déméter. Et surtout pas d’intermédiaires, c’est le comble !
Les petits arrangements entre amis doivent être l’exception qui confirme la règle, car il ne faut jamais être obtus.

« On s’est un peu endormis sur nos lauriers » clame le réseau !

Nous ne pouvons que confirmer, mais les solutions proposées en interne sont tout simplement en dehors des clous.
Par ailleurs, quel est le nombre d’AMAP ayant reçu une visite régulière du réseau histoire de prendre la température ? Tisser du lien n’est pas l’essence même du réseau ?


« Un discours fort et militant » propose le réseau !

Les AMAP doivent être l’antichambre de partis politiques ?
Beaucoup d’AMAPiens n’apprécient guère les orientations politiques récentes du réseau.

Ils sont attachés à leurs producteurs, au groupe qu’il forme localement et souhaitent rester libres de leurs actes et de leurs pensées sans avoir le doigt sur la couture du pantalon.
C’est d’ailleurs tout le respect qu’ils méritent.

Un AMAPien doit-il devenir le porte-drapeau d’orientations radicales du réseau ? Sûr que non, ne cherchez pas plus loin.
L’entre-soi n’a jamais fait évoluer les mentalités, mais l’ouverture d’esprit et l’accueil de l’autre, du différent, oui !

La totalité des AMAPiens sont en AMAP afin de retrouver du lien avec des producteurs locaux et en même temps participent à l’animation de leur quartier.

Le modèle revendiqué par les AMAP est le meilleur, il n’y a aucune discussion.
Encore faut-il que le réseau donne le LA. Et pour donner le LA, il faut avoir une vision des objectifs que l’on veut atteindre et se donner les moyens d’y arriver. Un peu d’introspection pour comprendre notre époque et le besoin des générations futures. Ce sont eux qui donnent la tendance !

Une solution primordiale 

La digitalisation des AMAP avec des outils fiables qui facilitent la vie de l’ensemble des acteurs du groupe, du producteur au circuit court à l’adhérent.

Les chèques vont finir par être payants, on fera comment ?  

Signer un contrat en ligne, c’est tellement simple.

Faute de moyens et de convictions, le réseau préfère pousser un outil digital fait maison, peu fiable (parole de groupes d’AMAPiens) fait par des informaticiens sans expérience du parcours référent contrat/producteur/adhérent. Sans parler du paramétrage à en faire renoncer plus d’un.

Pire, le réseau qualifie d’intermédiaire une plateforme qui n’encaisse pas directement les sommes qui sont versées une fois par mois aux producteurs !
Quel gain de temps pour tout le monde pourtant.

Alors, pour aller de l’avant, il faut anticiper le plus possible et être résilients dans cette période.
Allons-nous passer notre temps à regarder passer les trains ?

Le réseau indique : « Saviez-vous, que quand on tape AMAP sur Google, on tombe en premier sur deux pubs pour deux plateformes numériques de commande en ligne de produits locaux ou de commande de paniers bio ? » 

Tellement puérile cette réaction…les annonces sont payées et figurent en toute logique en premier (qui fait de la pub pour être en bas du tableau ?) Les réponses dépendent aussi de l’endroit où l’on se trouve.   

Si nous perdons le match, c’est parce que nous ne nous serons pas remis en question.

Il est grand temps que les AMAP se réveillent et se réinventent !

Chez BioToutCourt, on est prêt, et on vous attend !

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