Greenwashing : bas les masques !
Avec le greenwashing, voir la vie en vert, ce n'est pas très bio !

Greenwashing : bas les masques !

Résumé

Le greenwashing est partout. Parfois facilement reconnaissable, parfois moins… BioToutCourt vous donne des clés d’analyse pour éviter les pièges de cette technique marketing !

Le greenwashing est partout, et mène la vie dure aux consommateurs et aux acteurs (engagés pour le changement). Traduit de façon littérale par « lavage vert », il est aussi appelé « verdissage » ou « éco-blanchiment » en France. Cette technique marketing consiste à mettre en avant les engagements écologiques d’une marque ou organisation sans que ceux-ci soient fondés. Et cette sale bête est bien plus présente qu’on ne le croit !

Malheureusement, beaucoup de marques et d’organisations (des plus jeunes startup aux plus grandes voire historiques) en usent et en abusent. Et un consommateur non averti qui souhaite faire un bon geste pourra facilement être dupé par les « engagements verts » de la marque. Résultat : le consommateur est trahi par les marques, et son engagement n’aura pas la finalité souhaitée. Alors à quoi se fier pour reconnaître le greenwashing ? Comment l’éviter ? Nous vous donnons des astuces pour comprendre cette technique et la combattre !

Pourquoi le greenwashing ?

Cette technique marketing de désinformation du consommateur est sur toutes les lèvres. Et c’est normal : c’est une bien jolie expression pour parler d’un mensonge de masse aux consommateurs ! Et en plus de duper ceux qui veulent faire un geste pour l’environnement, cette pratique se veut néfaste pour ce dernier. Logique ! Un consommateur dupé est un consommateur qui contribue aux mauvaises pratiques. C’est souvent la même histoire : acheter des tomates bio, oui ! Mais en hiver et qui viennent de très loin, ça non ! Et bien le greenwashing s’apparente à cela : en tant que consommateur, nous avons l’impression de faire un geste, mais la partie immergée de l’iceberg est énorme.

Et les marques savent que l’écologie et l’environnement sont devenues des cordes sensibles sur lesquelles ils peuvent jouer. Par exemple, en 2016, 96 % des Français estimaient que la société produisait trop de déchets. Et 70 % pensaient déjà pouvoir en produire moins ! Depuis, leur vision du monde a encore évolué, et chacun semble vouloir faire un pas de plus. Selon l’ADEME et L’ObSoCo, en 2020, 55 % des Français privilégieraient un avenir à dimension écologique. Un pas après l’autre, une action en entraînant une autre. Et puisque les consciences continuent de s’élever, il est important de comprendre comment discerner les bonnes pratiques des mauvaises. Alors éviter le greenwashing, c’est d’abord le reconnaître.

Comment le reconnaître ?

Il existe beaucoup d’entreprises et d’organisations qui pratiquent le greenwashing. Parfois, il est évident, mais le diable est aussi dans les détails.

Voici les éléments auxquels il faut porter attention dans notre quête contre le greenwashing :

Les couleurs

Bien que le vert soit la couleur de l’écologie par excellence, fuyez dans le sens inverse si elle est utilisée à tort et à travers ! Une petite fleur verte dessinée sur votre pot de crème avec un texte vert n’en fait pas une crème respectueuse. De même, les marques ont tendance à tout de suite opter pour le vert dès que leur action est un brin écologique (sur la forme). NON, écrire « conscious » en vert sur des étiquettes ne rend pas un jean moins polluant. C’est le piège du marketing et de la signalétique des couleurs. C’est très reconnaissable, mais c’est utilisé aussi parce que dans l’esprit commun, le vert signifie que c’est bon pour la planète.

Le vocabulaire

Le CNC (Conseil National de Consommation) a défini quelques termes récurrents de greenwashing dans le Guide Anti-greenwashing de l’ADEME. Alors en voici certains, dont vous devez vous méfier comme de la peste !

« Green », « vert », « verdir », « des horizons plus verts »…

Bien sûr ! Les termes ayant un lien avec la couleur verte doivent absolument vous alerter, tout comme la couleur en elle-même. « Verdir » une marque, c’est comme repeindre une maison insalubre : en apparence, elle a une jolie couleur, mais les vices cachés sont toujours là ! Et utiliser des biais cognitifs n’y changera rien…

De même « bon pour la planète », des ingrédients « d’origine naturelle »… Tous ces termes entretiennent un flou pour le consommateur. Pourquoi est-ce bon ? Le produit est d’origine « naturelle », mais n’est pas entièrement naturel ? La réponse est déjà dans la question.

Et pire encore pour les « eco-friendly », « earth-friendly », « green »… Oubliez ! Traduire un mot en anglais ne le rend pas plus fort. Alors une collection « green », c’est NON.

Privilégiez les marques qui parlent franchement, sans enrobage, sans ronds de jambe. « Une marque eco-friendly, qui ravira les hommes, les animaux, et la planète », ça sent le green-washing !

Le flou

Cela va de pair avec le vocabulaire ! La « consommation durable », une marque « soucieuse de l’environnement », un produit « riche en éléments d’origine naturelle ». Le problème est que nous n’avons aucune information concrète. Un emballage plastique « respectueux de l’environnement ». Vous voyez où nous voulons en venir ? Un consommateur moins aguerri aura tendance à se laisser happer par ce flou. Un vocabulaire trop imprécis ou général, une promesse hors-normes, ce n’est pas bon signe…

Par ailleurs, un produit « 100 % naturel » ne signifie pas qu’il est écologique. Et oui, n’oubliez pas que tout est dans la nature, y compris le cyanure ou la toxine botulique.

Le manque de preuves et de transparence

Il n’y a que ça de vrai ! Une liste des ingrédients claire, complète, des engagements concis et formulés clairement… Exit les expressions « 99 % d’éléments naturels », « réduction de 80 % de la quantité d’eau utilisée »… Très facile sans preuves d’avancer cela, mais pas souvent vrai ! Si vous ne trouvez pas de certifications ou de chiffres validés par un organisme tiers, il faut reculer.

Les faux labels

Si vous devez bien vous fier à quelque chose, c’est aux labels, ce sont de belles preuves ! Et nous ne le répéterons jamais assez, une fleur dans un cercle vert ne fait pas un label. Agriculture biologique, Nature&Progrès, Démeter, Cosmebio, Ecocert… Ce sont ceux auxquels vous pouvez faire confiance les yeux fermés ! Pour le reste, soyez vigilants.

Le compromis

Nous l’avons déjà évoqué dans plusieurs de nos articles, il est important de ne pas faire de compromis. Par exemple, « Agriculture raisonnée » ne veut rien dire. C’est bio ou ça ne l’est pas ! Et ce n’est malheureusement pas le seul compromis : mode, cosmétique, alimentation, menuiserie, fournisseur d’électricité… Le greenwashing et les compromis sont partout ! Proposer de l’électricité verte, mais continuer d’investir dans le nucléaire ? Supprimer le silicone de cosmétiques et le remplacer par des substances toxiques et cancérigènes ? Utiliser du coton bio, mais le faire venir de l’autre bout du monde et utiliser deux fois plus d’eau ? Bien sûr ! L’art et la manière d’induire le consommateur en erreur. Et ce n’est pas uniquement écologique. Parfois, la marque a des engagements écologiques, mais délaisse le pendant social… Et c’est aussi du greenwashing !

L’impertinence

Certaines marques n’ont vraiment pas froid aux yeux ! Parfois, elles se vantent… de respecter la loi ! Par exemple, les phtalates et parabènes sont interdits en cosmétiques bio. Pourtant, des marques de grande distribution n’hésitent pas à vanter leur gamme bio avec cet argument… Vous comprenez le paradoxe ? Ce serait un peu comme se féliciter de s’arrêter à un stop et s’en vanter. C’est tout simplement ahurissant.

Le détournement d’attention

Ah, c’est parfois si facile. Pourquoi essayer de changer totalement le mode de production dans le bon sens, quand il suffit de faire croire qu’on y travaille ? Certaines grandes marques de vêtements n’hésitent pas à détourner l’attention en créant une unique collection « green ». Et le reste de leurs produits ? Aucun effort et toujours autant de pollution… Mais cela passe à la trappe puisque la marque fait un effort sur une collection ! De même pour une boisson qui indique « sans colorants, ni conservateurs », mais qui double la teneur en sucre.

La fausse comparaison

Oui, une voiture citadine consomme moins qu’un utilitaire. Mais comparer ce qui est comparable serait plus adapté ! Car l’affirmation est vraie, mais l’information n’est pas utile pour le consommateur. Elle peut parfois même l’induire en erreur. Mais au final, c’est comme si on vous demandait de choisir entre la peste et le choléra… Alors, vous choisissez ?

Le mensonge

Que ce soit par omission ou frontalement, le mensonge est bien un gros signe de greenwashing… Mais il persiste, et certaines marques signent ! Parfois, le produit ou la marque n’a RIEN d’écologique, mais revendique certaines vertus. Et bien que le mensonge soit rare, c’est paradoxal : le greenwashing, c’est du mensonge !

Et évidemment, tout ce que nous venons de citer sont des indices, plus ou moins parlant ! Il faut regarder la marque, le produit ou l’organisation dans sa globalité. Ce n’est pas parce qu’une marque a un logo vert qu’elle pratique le greenwashing !

Lutter contre le greenwashing, c’est possible !

C’est vrai qu’après cette liste (malheureusement non-exhaustive) des techniques de greenwashing, il peut sembler compliqué de l’éviter. Mais votre œil s’affinera de plus en plus. Prenez cela comme un jeu, et repérez les indices !

Aucune entreprise n’est parfaite, mais celles qui s’en approchent n’auront pas de mal à avouer leurs faiblesses ! Et reconnaître les entreprises engagées et à mission devrait maintenant être un jeu d’enfant, n’est-ce pas ?

Quelques conseils pour éviter le doute :

  • Vérifiez la cohérence de la marque, de l’organisation, ou même du label duquel vous doutez. Preuves, labels, études… Se renseigner, c’est la meilleure arme contre le greenwashing
  • Examinez les pratiques ! Matières, produits, additifs, quantité de produits, coût des produits… Tout est bon à savoir. Pour les produits transformés, vous pouvez utiliser MyLabel et savoir ce qui se cache dans un produit !
  • Lire attentivement les étiquettes, et repérer les indices que nous vous avons énoncés (promesses démesurées, trop nombreuses, packaging du produit, faux labels… Souvent, les plus belles preuves sont les plus visibles !

En tant qu’entreprise à mission, BioToutCourt s’engage contre le greenwashing. Nous sommes de plus en plus nombreux à prendre conscience de l’ampleur de la situation écologique. Il est donc nécessaire d’accompagner les consommateurs et tous les acteurs du changement dans le bon sens. Devenir Biocavore, c’est le premier pas. En consommant bio et local, vous contribuez à plusieurs niveaux ! Vous mangez mieux et vous préservez votre santé. Et grâce à notre plateforme, vous aidez à rémunérer au juste prix les producteurs et artisans qui s’inscrivent dans une démarche respectueuse. Alors, prêts à affronter le grand méchant greenwashing ?

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