De l’Amap à BioToutCourt : une aventure de plus de 10 ans qui ne fait que commencer !

De l’Amap à BioToutCourt : une aventure de plus de 10 ans qui ne fait que commencer !

Résumé

Histoire de la création d’une AMAP (Association pour le Maintien d’une Agriculture Biologique) à la création de la première plateforme numérique dédiée à la BIO en circuit court.

2009 L’histoire commence alors que je désespérais de ne plus trouver des producteurs sur les marchés de ma commune. Moins de 5 producteurs sur l’ensemble des marchés tous métiers confondus, ce n’était pas beaucoup pour une ville de plus de 80000 habitants.

Un reportage, un article et un contact motivé et c’était parti !

1ère étape et pas des moindres : trouver un lieu et donc rencontrer la mairie. Non pas un élu mais plusieurs car il s’agit de convaincre face à des « vous allez concurrencer nos commerçants ». Un local ? vous n’y pensez pas. Un parking, pourquoi pas. 
Nous avions le producteur et c’était pour nous l’essentiel. 
Très vite nous sommes montés à plus 50 adhérents et en avant les contrats et les chèques. 
11 ans plus tard, d’un producteur, nous sommes passés à plus d’une dizaine à un rythme soutenu. 
Idem pour le nombre d’adhérents hebdo, nous frôlons la petite centaine. 

Nous n’avons pas opté pour la formule 1 référent / 1 contrat comme dans certaines amaps pour plusieurs raisons :
– Les forces vives impliquées et régulières se font rares. Si nous pouvons compter sur le dévouement des membres du bureau, la régularité n’est pas toujours au rendez-vous chez les bénévoles
– Nous souhaitons éviter de voir trop souvent nos adhérents avec des chèques à la main suivant les renouvellements des différents contrats
– Nous pensons enfin que tout regrouper sur deux périodes dans l’année assure une vraie sécurité aux producteurs car tous les chèques sont pointés, contrôlés avant d’être redonnés
Notre devise, ce n’est pas parce que nous sommes bénévoles que le travail ne doit pas être professionnel !

Mais où est l’essentiel en amap ? le lien social ! 

Nous portons haut et fort et clamons à ceux qui nous rejoignent que la vie en amap va bien au-delà d’un panier !
Ainsi depuis plus de 10 ans, ce n’est pas 90 paniers mais 90 familles qui se retrouvent toutes les semaines, soit plus de 300 personnes nourries grâce à notre amap. Nous partageons les joies, les peines. Nous sommes une grande famille et plus d’un quart le sont depuis la première année !
Nous essayons de nous rendre dans les exploitations au moins une fois par an et proposons des animations mensuelles pendant les distributions. Nos adhérents cuisinent et nous organisons des dégustations. 
Tout ceci, c’est le bon côté des choses.

L’envers du décor, c’est le fameux cérémonial des chèques deux fois par an. Une année, nous sommes arrivés à plus de 2000 chèques !

Certains adhérents ne nous cachent pas aussi qu’ils renoncent à des contrats par peur du nombre de chèques à faire. Manque à gagner pour nos producteurs.
Les contrats papier c’est aussi la plaie. Beaucoup de papier dépensé et c’est pourtant obligatoire. Nos adhérents oublient parfois de signer, de dater. Comme la place nous manque pendant la distribution pour tout contrôler sur place, les allers-retours sont nombreux. « il manque le chèque de cotisation », « l’ordre n’est pas le bon », « un oubli de signature ». Il nous faut en moyenne préparer 1 mois à l’avance les contrats et 3 bonnes semaines pour rassembler le tout. Nous ne souhaitons pas faire une AG spéciale rien que pour cela.
Nos adhérents sont très heureux et nous le disent souvent. Ce qui leur pèse en revanche, c’est le manque de souplesse. Et oui, nous sommes devenus un peu militaires ! Pas de changement possible en cours de contrat. Toutes les feuilles d’émargement sont préparées pour les 6 mois à venir ce qui est très pratique et nos permanents peuvent se débrouiller seuls si aucun membre du bureau n’est présent. Nos permanences sont sous le même schéma, tout est orchestré 6 mois à l’avance et notre responsable perms ne gère que les désistements ponctuels. 
Le digital nous a toujours titillé, nous avons des informaticiens parmi nos adhérents et progressivement nous avons utilisé en interne des formulaires en ligne pendant 3 à 4 saisons et pour les commandes ponctuelles. En parallèle, nous avons exploré les solutions du réseau sans grande conviction compte tenu de leur manque de convivialité et de la faible valeur ajoutée vis-à-vis de ce que nous avions déjà mis en place.
Pendant toutes ces années, nous avons entendu les besoins de nos propres adhérents, ceux des amaps de notre entourage et également ceux de nos producteurs et artisans impactés par la lourdeur administrative de la gestion des amaps.
Il nous a fallu une première réunion en AGO suivie par d’autres avec nos producteurs pour lancer un groupe de discussion numérique.Nous avons étudié les chiffres sur l’évolution de la Bio pour nous rendre compte que la demande était au rendez-vous.
Nous avons également constaté que le nombre d’amaps en France étaient stables alors qu’en parallèle, celui des circuits courts était exponentiel. 
Nous nous sommes décidés à créer une solution comme réponse à tous ces questionnements.
Nos économies n’étant pas suffisantes, quel modèle choisir compte tenu du coût important de développement de l’outil ?
Nous avons renoncé à nous créer en coopérative ou en association puisque nous devions aller chercher des fonds. Compétences de notre réseau à l’appui, nous avons créé une SAS à 4 composée de notre couple de maraîcher, d’un adhérent expert du digital et de la responsable d’amap que je suis.

Il était clair en revanche que nous allions nous piloter de façon collégiale. 

Nous avons dès les premiers mois de la création, déposé notre dossier à la DIRRECTE qui nous a agréé ESUS (ex ESS) dès la première lecture. Nous avons été très touchés par la sollicitude dont ils ont fait part tant notre projet leur a plu. 
Juillet 2018 : BioToutCourt était lancé ! Décembre, nous bénéficiions d’une aide de l’Europe grâce à France Active se portant caution de l’emprunt qui nous a été accordé.
Flattés par tant de sollicitude, nous avons pu commencer le développement logiciel et en octobre 2019, la V1 (version 1) était prête !

Ce qui nous tenait le plus à cœur, c’était de lancer une version avec abonnement qui serait la traduction parfaite des attentes entendues depuis des mois. 

Depuis mars dernier, la V2 est arrivée permettant aux producteurs de la bio de créer des points de vente partout où ils distribuent. 
Aujourd’hui un tout producteur ou artisan de la BIO peut créer son compte gratuitement sans abonnement, ni formation, ni hébergement et vendre soit en direct, soit par abonnement par le biais d’un circuit qu’il peut même créer seul.

Les paiements se font en ligne et BioToutCourt paye même les frais bancaires ! 

La suite vous la connaissez, BioToutCourt compte en quelques semaines plusieurs centaines d’inscriptions et l’aventure ne fait que commencer ! 
A suivre …

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