Comprendre le concept de circuits courts

Comprendre le concept de circuits courts

Résumé

« Circuit-court » le concept n’est pas toujours clair. C’est quoi au juste ?

Quand on pense « circuit-court », on pense de suite à « vente directe » mais cela peut revêtir de nombreuses formes et l’on peut même se demander si le flou artistique qui tourne autour n’est pas fait pour perdre le consommateur. Nous allons essayer de vous aider à y voir plus clair. Sommes-nous dans une nouvelle ère ou à la fin d’une période ultra consumériste dont on voit enfin les limites ? Une chose est indéniable la recherche de proximité avec le producteur est un fondamental dans l’esprit de tous ceux, de plus en plus nombreux, qui se préoccupent de l’avenir de notre planète. 

Le circuit court pourrait vouloir dire « sans intermédiaire », cela est en partie vrai car il contribue à faire baisser le nombre mais en réalité il peut en admettre au moins un.  


Sa finalité est de restaurer le fameux lien social entre celui qui produit et celui qui consomme. Au-delà, il répond parfaitement à la demande de transparence sur la provenance, la méthode de production et sur le prix des aliments.
Le circuit court promet un revenu quasi immédiat pour le producteur.
Plus encore, il est écologiquement beaucoup plus responsable car il limite les emballages et lorsqu’il s’inscrit sous un label engageant, il va même plus loin en favorisant une agriculture respectueuse de l’environnement. Nous allons nous intéresser particulièrement à ces derniers car c’est eux que nous souhaitons mettre en avant. 

Nous allons nous intéresser dans cet article aux circuits courts en vente directe parce que c’est ce qui nous intéresse. 

1. Vente à la ferme
Nous placerons en premier le circuit court de vente à la ferme car c’est le moyen le plus facile d’aller au contact des producteurs mais nous n’avons pas tous la chance d’en trouver à proximité surtout en zone urbanisée. Peu ont des sites marchands et assurent rarement une livraison à domicile. Comment trouver les fermes et les artisans Bio dans sa région ? Par département, vous trouvez des GAB (Groupement d’Agriculture Biologique) pour les producteurs et des réseaux d’Aprobio pour les transformateurs. Attention, tous ne portent pas le même nom et nous vous conseillons de vous rapprocher des fédérations nationales pour trouver les instances par département. Attention, vous n’y trouverez pas de liste exhaustive mais seulement des adhérents. Certaines communautés de communes présentent également un catalogue de leur territoire mais attention, tous les producteurs et artisans présentés ne sont pas labellisés AB.

2. Les drives fermiers 
Ils sont également un type de circuit court. Ils répondent à la devise, ensemble on est plus fort. Par essence, il s’agit pour le consommateur de se déplacer sur un lieu qui peut être soit chez un producteur ou un artisan ou carrément un local loué à plusieurs et tous se relayent pour tenir la permanence. Parfois ils sont même aidés par des bénévoles de leur entourage. Lorsque ces drives deviennent trop importants, nous vient rapidement en tête l’inspiration évidente des grandes surfaces mais allez, on ne va pas être méchants tant que le contact est conservé !

3. Les AMAPs
Nous aurions pu choisir de mettre en premier le modèle auquel notre rédaction tient particulièrement, celui des AMAPs. Pour ceux qui ne le savent pas encore, nous parlons des Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne. Leur objectif ? Favoriser l’agriculture paysanne et biologique. Les amaps reposent aussi sur l’idée de créer un lien direct entre consommateurs et producteurs. Malgré tout, on regrette que les artisans ne soient pas admis ! Il s’agit pour le consommateur de s’engager sur la durée et souvent de payer par avance les paniers. Les producteurs sont plus sereins car ils connaissent à l’avance le chiffres d’affaires qu’ils vont pouvoir réaliser dans l’année ou dans la saison.
Où se situent les distributions ? directement chez les producteurs (certains d’ailleurs sont à l’origine de la création de leur propre amap). Suivant les liens avec les élus locaux, la commune prête une salle de façon hebdomadaire. Les distributions peuvent aussi avoir lieu dans des lieux associatifs, des FJT, dans des cours d’immeubles, dans des cafés et même dans des presbytères ! Quand ? les distributions sont hebdomadaires en début de soirée par principe. Les amaps ne vivent que par la bonne volonté des bénévoles.
Il y a environ 2000 amaps actives en France et l’engagement est souvent un frein pour le consommateur. Toutes n’atteignent pas le nombre idéal de 50 paniers qui permet aux producteurs de ne pas se déplacer pour rien. Malgré la croissance importante de la demande en BIO, le nombre d’AMAPs stagne depuis quelques années. On note de plus en plus d’associations qui quittent le réseau pour diverses raisons, parmi lesquelles : · la cotisation de 10€ / adhérent par an demandée aux groupes · le fait de se limiter aux agriculteurs en excluant les boulangers non céréaliers· la lassitude des bénévoles qui doivent gérer beaucoup d’administratif· De plus en plus politiquement engagé, on sort du cadre d’origine qui se voulait ouvert, avec comme seul objectif l’entreaide vis à vis des agriculteurs et le développement du lien social
Comment trouver l’amap la plus proche de chez vous ? http://www.reseau-amap.org/amap.php

4. Les Ruches
Un nouveau circuit court s’est imposé depuis plusieurs années, il s’agit des Ruches. On a souvent comparé les ruches aux amaps à la création du réseau. Il est pourtant difficile de comparer un réseau associatif avec une entreprise gérée par un fonds d’investissement ! En réalité, les ruches répondent parfaitement à une demande proximité de la part des consommateurs prêts à payer 30% de plus sur les produits bio ou pas d’ailleurs. En revanche, si certaines ruches permettent aux producteurs d’en retirer un revenu honnête, nous connaissons des agriculteurs de la bio qui se sont progressivement retirés de ce système car le principe de fidélité n’est pas au rendez-vous. Ainsi, les ventes sont très inégales et ne garantissent pas un revenu décent aux producteurs compte tenu des obligations. 

5. Les marchés
Parlons maintenant des Marchés, c’est sans doute le circuit court historique le plus connu. C’est celui de nos grands-parents et de nos parents.
Attention, il y a marché et marché et si on ajoute le mot BIO, le nombre décroit considérablement. La proximité, oui mais attention aux pesticides. Combien de fois avons-nous pu vérifier que des œufs marqués 03 en étal, ce qui prouve juste que les volailles sont élevées en batterie !
Quelques marchés sont encore composés d’agriculteurs et d’artisans particulièrement dans le sud de la France où l’offre et la productions sont pléthoriques mais beaucoup sont envahis de revendeurs qui proposent des produits calibrés identiques à ceux des rayons de supermarchés. Globalement, plus les prix sont bas et plus vous êtes certains que les produits sont produits ou fabriqués de façon industrielle. On peut aussi s’interroger sur le manque de saisonnalité des produits car voir des tomates ou des courgettes tout l’hiver sur les étals interpelle. La crise liée au covid a montré que les marchés ont leurs limites et que les producteurs et artisans sont captifs s’ils ont un seul mode de distribution. Une chose à faire : posez des questions, vous saurez vite si les producteurs sont bien des vrais ! 

6. Les jardins d’insertion ! Nous avons mis en valeur dans le cadre d’un article précédent les jardins d’insertion. https://blog.biotoutcourt.com/une-insertion-professionnelle-vertueuse/ Retenons juste que les jardins d’insertion permettent de à des personnes en grande précarité de retrouver un travail et de reprendre pied progressivement. Si vous avez la chance d’avoir un jardin d’insertion près de chez vous, foncez et soutenez ce circuit court vertueux.
Pour trouver la 100aine de jardin : http://www.reseaucocagne.asso.fr/ou-sont-les-jardins-de-cocagne/

7. Internet ?
Pour terminer, Il existe de nombreux sites internet qui proposent des productions en direct des producteurs mais ce sont très souvent des intermédiaires. Attention, ne vous y fiez pas, la plupart proposent des prix beaucoup trop élevés pour justifier de la marge parfois démesurée qu’ils pratiquent. La logique est celle de la grande distribution avec des méthodes qui flouent le consommateur ou sont au détriment du producteur. L’un des derniers sites qui fait grand bruit, c’est celui de Rungis qui pendant longtemps était interdit aux particuliers. Il semble que le modèle soit en train de changer. Le plus grand marché du monde va-t-il devenir le gafa de la consommation alimentaire en hébergeant les e-boutiques de ces négociants ? Souvent ces sites ont des plateformes de logistiques et de dispatch du dernier km qui font qu’on perd le lien avec le producteur. On peut se poser la question de l’impact CO2 des livraisons individuelles ? 
Nous nous éloignons de la vente directe mais ça à l’air de, ça ressemble à, mais… ce n’est pas de la vente directe.

Nous ne pouvons que mettre en avant notre plateforme BioToutCourt. C’est le nôtre à la fois 😉  www.biotoutcourt.com qui propose une rémunération sans marge retirée au producteur. Le consommateur voit son addition augmentée en toute transparence de 6% dans laquelle sont inclus les frais bancaires. C’est un modèle unique de plateforme qui permet de gérer des ventes directes ou des abonnements comme en amaps. L’acheteur a le profil d’un consommateur engagé qui souhaite préparer ses achats depuis son canapé et ensuite aller les chercher sur les points de ventes (souvent directement à l’exploitation) qui lui conviennent. Les associations avec abonnement trouvent en Biotoutcourt un outil de prise de commande qui centralise le paiement en ligne et c’est l’opérateur bancaire qui règle directement le producteur car Biotoutcourt n’encaisse pas les sommes. La valeur-ajoutée vaut bien la contribution !

Circuit court peut aussi vouloir dire : « avec un Intermédiaire » mais cela est entendu de suite comme un mot péjoratif. Si l’intermédiaire apporte une valeur ajoutée, cela peut être toutefois positif. Ce qui l’est moins ce sont les marges ! Il n’est pas rare de voir des marges en augmentation en moyenne de 40% mais qui peuvent grimper jusqu’au double ! Ils se nomment Halle fermières, plateformes coopératives, et même les magasins bio s’y sont mis. En moins de 5 années, on a vu une explosion de nouvelles chaînes de magasins Bio. La plupart sont issus directement de la grande distribution et tous adoptent les mêmes pratiques. Leurs avantages : une proximité évidente avec les consommateurs et une contribution à l’animation des rues commerçantes. Leurs défauts : ils ne sont réservés qu’à une certaine élite tant les prix sont importants. On leur reproche d’importer beaucoup trop de produits hors des frontières de France et de proposer des produits hors saison et cultivés en hors sol ce qui va même à l’encontre des valeurs qu’ils défendent en apparence.

Un seul conseil, ouvrez l’œil, posez des questions, faites-vous votre propre opinion et sachez défendre les valeurs qui vous sont personnelles et que nous souhaitons proches d’un monde respectueux de l’environnement ! 

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